Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)

 En 1869, Renoir envoie En Eté ou La Bohémienne (National Galerie de Berlin) au Salon ; La Baigneuse au griffon et Lise en Odalisque sont reçus au Salon de 1870. Zola n'en dit mot bien qu'il fasse le compte-rendu de l'exposition. Il ne mentionne pas non plus Les Parisiennes en Algériennes (Musée d'Art occidental de Tokyo) reçu au Salon de 1872, ni Scène Cavalière au Bois de Boulogne, refusé au Salon de 1873 et présenté au Salon des Refusés de la même année. Malgré d'indéniables succès (Durand-Ruel lui a acheté plusieurs toiles dont Le pont des Arts, peint en 1867), Renoir participe à la Première Exposition indépendante à laquelle il présente Danseuse (National Gallery of Art de Washington), La Loge (Londres, Institut Courtauld) Une Parisienne, encore dit La Dame en bleu (national Museum of Wales, Cardiff), Moissonneurs, Tête de Femme. Malgré les quolibets qui accueillent l'exposition, Renoir trouve dans la presse les éloges de quelques critiques dont Chesneau, Leroy, qui mène la charge contre le tableau "impressionniste" de Monet, reconnaît à Renoir"une certaine entente de la couleur" tout en déplorant "qu'il ne sache pas mieux dessiner". Cette fois, Zola, qui doit rendre compte de l'exposition officielle, salue l'artiste au milieu de ses camarades.

 [...] en attendant que le Salon officiel ouvre ses portes, le 1er mai, je dois vous signaler la très honorable tentative faite par trente artistes associés. Ils ont formé entre eux une société coopérative pour l'exposition et la vente de leurs oeuvres. Leurs statuts, fort bien faits, sont très compliqués pour que je vous les donne ici. D'ailleurs, on peut juger dès aujourd'hui des efforts de la société, car elle vient d'ouvrir sa première exposition, Boulevard des Capucines, dans les mêmes ateliers de Nadar. Je sors de cette exposition, et je ne puis qu'applaudir à l'audace heureuse de ces peintres et de ces sculpteurs qui, sans vouloir protester contre le Salon réglementaire, ont pensé qu'il suffirait de s'entendre pour se faire connaître du public et se mettre en rapport direct avec les acheteurs. Je signalerai particulièrement, parmi les toiles qui m'ont frappé, un paysage très remarquable de M. Paul Cézanne, un de vos compatriotes, un Aixois, qui a fait preuve d'une grande originalité ; M. Paul Cézanne, qui lutte depuis longtemps, a un véritable tempérament de grand peintre. Je vous indique en outre des Études de danseuses, de M. Degas ; des paysages de MM. Pissarro, Monet, Béliard et Sisley ; enfin, diverses toiles très intéressantes de Mlles Morisot et de MM. Renoir, Bracquemond, Colin et Boudin. Bonne chance aux jeunes.

Le Salon de 1874

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