Armand Guillaumin (1841-1927)

page en construction

Guillaumin est d'origine modeste : son père était tailleur. Né à Paris, il passe la plus grande partie de son enfance à Moulins et ne retourne à Paris qu'à seize ans, pour y gagner sa vie : il sera successivement employé dans une boutique de lingerie, chez un marchand de calicot à Paris, à la Compagnie des Chemins de Fer Paris-Orléans, il peindra des stores et sera même employé de nuit à la Voirie de Paris.

Tout en travaillant aux Chemins de fer, il s'inscrit à l'académie Suisse, vraisemblablement en 1861. Il y rencontre Pissarro et Cézanne et, par celui-ci, Bazille qui travaille à l'atelier de Gleyre en compagnie de Monet, Renoir et Sisley. En 1863, il est refusé au Salon mais il expose au Salon des Refusés ; il devient bientôt assidu des jeudis de Zola et hante le café Guerbois avec le groupe des Batignolles.

D'emblée, Guillaumin s'affirme comme un coloriste de génie, dont la palette anticipe les flamboyances du fauvisme : on a peine à imaginer par exemple que La Seine* de l'Hermitage date de 1867-68 ; sa gamme n'a rien à envier à celle d'une toile tardive comme Moret-sur-Loing* (1902) ;

Ses paysages de banlieue ouvrière, comme Coucher de soleil à Ivry* (présent à la première Exposition impressionniste), ou ses vues de la Seine, comme Pont Louis -Philippe* (1875), sont empreints de fraternité pour les humbles dont il partage le sort, les ouvriers, les mariniers, les journaliers qui chargent et déchargent les péniches ... La Seine à Bercy, que copiera Cézanne, est un chef d'oeuvre du paysage urbain impressionniste, avec son immense grue à vapeur dominant le port. Zola, qui s'en souviendra dans L'Oeuvre, ne mentionne pourtant Guillaumin qu'une seule fois dans les Ecrits sur l'art mais il le compte alors au nombre de ceux qui ont radicalement changé la manière de voir et de peindre au XIX° siècle :


"[...] Les véritables révolutionnaires de la forme apparaissent avec M. Édouard Manet, avec les impressionnistes, MM. Claude Monet, Renoir, Pissarro, Guillaumin, d'autres encore. Ceux-ci se proposent de sortir de l'atelier où les peintres se sont claquemurés depuis tant de siècles, et d'aller peindre en plein air, simple fait dont les conséquences sont considérables. En plein air, la lumière n'est plus unique, et ce sont dès lors des effets multiples qui diversifient et transforment radicalement les aspects des choses et des êtres. Cette étude de la lumière dans ses mille décompositions et recompositions est ce qu'on a appelé plus ou moins proprement l'impressionnisme, parce qu'un tableau devient dès lors l'impression d'un moment éprouvée devant la nature. [...] MM. Pissarro, Sisley, Guillaumin ont marché à la suite de M. Claude Monet, que je vais retrouver tout à l'heure au Salon officiel, et ils se sont appliqués à rendre des coins de nature autour de Paris, sous la vraie lumière du soleil, sans reculer devant les effets de coloration les plus imprévus. "

Le Naturalisme au Salon - 1880

 lettre g